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Frein de langue restrictif : effets long terme et signes

frein de langue

   

Freins restrictifs buccaux, frein de langue, frein de joue, frein de lèvre… Il existe un ensemble de freins au niveau de la bouche des bébés, des enfants, des adolescents et même des adultes. Mais par frein buccal de la langue, que doit-on comprendre exactement ? Le frein de langue est une structure musculaire et membraneuse positionnée sous la langue au milieu. Il relie le bas de la langue au plancher de la bouche. A la naissance, si le frein de langue est fibreux et très épais, il devient une gêne pour le nouveau-né. On parle alors de frein de langue restrictif. Mais, ce qu’il est important de savoir est que le frein de langue restrictif a des effets sur le développement cranio-maxillo-facial du bébé engendrant par la suite d’autres problèmes lorsqu’il deviendra enfant puis adulte. En premier, il freine le bébé au moment de l’allaitement. Il est souvent la cause de problèmes de diction lorsque l’enfant commence à parler. Plus tard, à l’âge adulte, l’apnée du sommeil est causée par une position reculée de la langue. Cette position est liée à un dysfonctionnement de la langue comme le frein de langue restrictif. S’ilest détecté dès la naissance, ses effets sur le long terme pourront alors être traités sans pour autant réaliser une frénectomie. La prise en charge du frein de langue restrictif doit être pluridisciplinaire pour traiter les tensions et la fonction des muscles. Médecin généraliste, Caroline de Ville est spécialiste de l’allaitement du bébé et plus particulièrement des problématiques de freins restrictifs buccaux. Elle est consultante en lactation et accompagne les mamans et les futures mamans dans leur grossesse et leur allaitement. Nous l’avons questionné. Grâce à son expertise, nous vous livrons ce qu’il est important de savoir sur le frein de langue restrictif. 

Le frein de langue restrictif, c’est quoi ? 

Le frein de langue est un reste embryologique de tissu qui se situe au niveau de la ligne médiane entre la surface intérieure de la langue et le plancher buccal. À la naissance, ce frein de langue peut poser des problèmes à certains bébés. On estime à 20 % la part des nouveau-nés concernés par un dysfonctionnement de la langue causé par le frein. On parle alors de frein de langue restrictif ou de frein de langue trop court. Posez-vous un instant et imaginez. Vous marchez avec des chaussures attachées entre elles. Vous arrivez à avancer, mais cela est compliqué. Avec un frein de langue restrictif, le bébé peut bouger la langue, mais cette dernière n’est pas totalement libre de ses mouvements. Le frein de langue restrictif va alors entraver la bonne mobilité buccale et linguale et par répercussion le bon fonctionnement des muscles de la bouche pour déglutir, mastiquer, respirer et plus tard parler. 

Bon à savoir sur la croissance cranio-maxillo-faciale

À la naissance, le crâne du nouveau-né a atteint les trois quarts de son volume définitif. La raison est simple : son cerveau se développe dans le ventre de la mère. Au contraire, pendant les neuf mois de grossesse, le bébé n’utilise pas ses fonctions faciales. Tout simplement parce qu’il ne mange pas et ne respire pas encore, même s’il avale et déglutit du liquide amniotique. À la naissance, le bas de son visage n’est donc pas développé. C’est lorsqu’il va apprendre à manger, à respirer, à parler que son visage va s’ouvrir. 

Mais pour avancer et se développer correctement, la mâchoire a besoin du mouvement optimal des muscles de la langue et des joues. La stimulation essentielle du développement de la face est la position de la langue. Si le frein de langue pose problème et empêche la mobilité linguale, le développement du crâne, des maxillaires (qui déterminent la position de la mâchoire) et de la face sera perturbé. Ce sont des effets d’enchaînement qui auront un impact sur la croissance de la face, sur la parole ou la manière de respirer

Avec un frein de langue restrictif, le fonctionnement de la cavité buccale est perturbé dans son ensemble. Ce sont véritablement les mouvements de la langue, des joues, des lèvres qui permettent le développement harmonieux du visage du bébé. Un développement qui se joue dans les trois premières années de sa vie ! À l’âge adulte, plusieurs symptômes physiques associés à un frein de langue restrictif ont pu être observés comme le menton et la mâchoire en arrière, le visage en longueur, la mâchoire mal alignée, le sourire gengival, etc. La tête du bébé n’est pas si fragile. Jusqu’à un an, un an et demi, le crâne est très malléable. Il est alors possible d’agir pour traiter la cause dès ce moment-là et  éviter les effets long terme liés à un frein de langue restrictif.  

La langue, comment fonctionne-t-elle et à quoi sert-elle ? 

La langue n’est pas juste un paquet de muscles. Elle est un ensemble de muscles reliés à la base du crâne, à la gaine viseral du cou et aux poumons. Tous les muscles de notre corps font partie de chaînes musculaires. Ils fonctionnent ensemble. Les muscles de la langue font partie d’une chaîne musculaire qui raccorde la langue jusqu’aux orteils. Si la langue est freinée, cela aura un impact sur nos chaînes musculaires. La langue ne sera pas la seule à être bloquée, c’est toute la chaîne musculaire (antérieure ou postérieure) à laquelle la langue est reliée qui pourra aussi être entravée dans son fonctionnement. Le deuxième élément qui peut être bloqué par un frein de langue restrictif sont les fascias. Ce sont des membranes fribro-élastiques (un peu comme une toile d’araignée) présentes dans tout le corps : la peau, les os, les articulations, les muscles, les organes, les tendons, le cerveau et la moelle épinière. Si l’on considère que la langue est reliée à tout le corps par les chaînes musculaires et les fascias, on comprend alors qu’une mauvaise mobilité buccale et linguale peut être la source de dysfonctionnements dans notre corps. 

La langue est nécessaire à la déglutition et à la mastication. La déglutition a un autre rôle, celui de former le palais. Celui-ci doit pouvoir grandir et s’élargir de manière horizontale pour que le bébé ait suffisamment d’espace au niveau de ses gencives pour l’apparition des dents de lait et plus tard des dents définitives. Au repos, la langue doit également pouvoir se déposer sur le palais. Cela nous permet de fermer la bouche et de respirer par le nez. La respiration nasale est importante pour la posture et le développement cranio-maxillo-facial. C’est par le nez qu’on s’oxygène le mieux et non par la bouche. 

Les effets long terme du frein restrictif de langue

Manque d’espace pour l’apparition des dents, mauvaises postures, douleurs cervicales, migraines, apnées du sommeil sont les effets d’une langue qui reste basse. Une langue qui n’arrive pas à monter et qui reste au niveau de la mâchoire inférieure pousse à respirer par la bouche. Les conséquences sur les enfants qui respirent par la bouche : leur sommeil est agité, ils ne récupèrent pas bien d’une nuit sur l’autre, ils se réveillent le lendemain parce que l’oxygénation est sub optimale par la bouche par rapport au nez. Les fonctions de leur face et de leur cou, la mobilité de leur tête et l’intégration de leurs réflexes archaïques en lien avec le cou (RTAC, RTSC, RTL, MORO, etc.) seront perturbées.Tout cela aura des conséquences sur leur apprentissage, ils sont souvent agités parce qu’ils ressentent des tensions dans le corps et ne savent pas comment se tenir. Certains piquent du nez à l’école parce qu’ils ne sont pas reposés, parce qu’ils respirent par la bouche pendant leur sommeil. Les adultes aussi sont concernés par des apnées du sommeil, des ronflements, des grincements de dents, des problèmes de sinusite chronique, des otites chroniques, etc. Il existe vraiment un lien entre le développement de la bouche, des sinus, du nez et de la face du visage. On aura par exemple une modification de la forme des yeux en fonction de notre position de langue et de notre respiration.  

Les effets long terme causés par un frein de langue restrictif : 

  • des effets sur la respiration : apnée du sommeil, ronflement, manque d’oxygène pour le corps et le cerveau…
  • des effets sur la déglutition : allaitement douloureux, reflux et coliques du bébé, digestion douloureuse, gaz…
  • des effets sur les oreilles : otites à répétition
  • des effets sur la prononciation : des sons difficiles à prononcer, rouler les R, les sons S, T, D, L, N
  • des effets sur la posture : scoliose, inclinaison de la tête et du cou vers l’avant pour élargir les voies respiratoires, upper cross syndrome, hernie discale… 
  • des effets sur la dentition : palais étroit, malocclusion, manque d’espace pour l’apparition des dents, dents mal alignées, caries… 

Les signes d’un frein de langue restrictif

Sachez tout d’abord que le frein de langue restrictif concerne aussi bien les bébés allaités que les bébés nourris au biberon. En revanche, il n’est pas évident de déterminer tous les signes qui nous disent qu’un bébé a un frein de langue restrictif. Partant de ce principe, chaque symptôme nécessitera donc un diagnostic différent pour s’assurer qu’il s’agit ou non d’un frein restrictif buccal. Les freins restrictifs buccaux font partie d’un syndrome parce qu’en parallèle il peut y avoir des tensions, des réflexes archaïques qui posent problèmes et des intolérances alimentaires. C’est grâce au regroupement de plusieurs symptômes ou signes que le diagnostic pourra être posé. 

Voici quelques signes qui méritent que l’on se pose la question : 

  • Les tétées et les biberons durent très longtemps, plus d’une heure.
  • Au moment de la tétée, le lait coule de la bouche du bébé, car il n’arrive pas à gérer une quantité de lait normale. 
  • L’allaitement est douloureux, il provoque des crevasses sur les mamelons. 
  • Le bébé avale beaucoup d’air, il fait de l’aérophagie ou souffre d’un reflux. 
  • Le bébé a du mal à prendre du poids. 
  • Le bébé pleure beaucoup, il n’arrive pas à s’endormir, il est inconfortable, voire douloureux, car il ressent des tensions.

Que faire ? Consultez plusieurs praticiens (pédiatre, ostéopathe, conseillère en lactation, sage-femme, etc.) pour arriver à poser un diagnostic pluridisciplinaire. La prise en charge doit intervenir le plus tôt possible et doit revenir sur le déroulement de la naissance. Mon conseil : surveiller attentivement la mise en route de l’allaitement ou de la prise du biberon et n’attendez pas qu’un petit problème (petite douleur, petite chute de poids, petite phase de sommeil) devienne trop impostant. Consultez même si cela vous paraît anondin. 

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